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Monpazier

La bastide de Monpazier (« mont faiseur de paix ») fondée en 1284 par un émissaire du « roi guerrier » Edouard Ier d'Angleterre, duc d'Aquitaine, au milieu du Sarladais et du Bergeracois, a conservé au fil des époques ses splendides bâtisses les unes plus surprenantes que les autres. Les appâts de son architecture et son agencement idéal demeurent d'intarissables sources d'inspiration et de sérénité. La Place des Cornières, parsemée d'arcades, est naguère comme aujourd'hui le principal centre de pulsions.
Le nom de Monpazier a toujours évoqué l'image de cet ensemble achevé réalisé au Moyen Age. Il forme la coulisse impressionnante de la place délimitée par des arcs et sans accès par les rues. Aujourd'hui, elle continue à concentrer les commerces et accueille de nombreuses manifestations. Bien que certains aménagements de toute la bastide aient été inévitables, son âme est toujours dominée par les trésors architecturaux qui ont attiré les visiteurs depuis plusieurs siècles. La place d'aujourd'hui ressemble beaucoup à celle d'il y a cent ans.

 




MONPAZIER


« Monpazier, situé au-dessus du Dropt, ‹ est peut-être l'exemple le mieux conservé de ces anciennes bastides fondées, à la fin du XIII e siècle, par les rois de France et les ducs d'Aquitaine, rois d'Angleterre, en vue de surveiller et de tenir leur frontière commune. En échange du service qu'ils étaient appelés à rendre, les habitants recevaient des franchises étendues. La bastide de Monpazier fut créée, au nom d'Edouard Ier d'Angleterre, par son sénéchal Jean de Grailly qui, en 1285, passa un contrat de pariage avec Pierre de Gontaut, seigneur de Biron. Aux termes de cet acte, l'administration et l'exercice de la justice étaient partagés entre le duc d'Aquitaine et le seigneur, chacun représenté par un bayle. Au cours du XIVe siècle, la bastide tomba successivement aux mains des Français et des Anglais. Dès 1557, la propagande de la Réforme, encouragée par les seigneurs voisins de Biron, rouvrit pour Monpazier une ère de violences dont l'épisode le plus marquant fut l'entrée du célèbre chef huguenot, Geoffroy de Vivans, dans la ville livrée par trahison le 21 juin 1574.
En 1594, Monpazier joua un rôle important dans l'insurrection des Croquants du Périgord, et en 1637 le duc d'Epernon fit rouer vif sur la grande place un tisserand nommé Buffarot qui s'était révolté. › (H. de Segogne, Dordogne Périgord, p. 79).
Le nom du village, encore écrit Montpazier au XIXe siècle, est relevé à la fin du XIIIe siècle sous une forme latinisée dans Castrum (forteresse, c'est-à-dire ville fortifiée) Montis Pazerii. De formation occitane, il se compose de mont, issu du latin mons, montis et de pazier, désignation du fonctionnaire chargé de veiller au maintien de l'ordre, peut-être nom de personne au Moyen Age. Pazier est un dérivé de patz qui provient, comme le français paix (ancien français pais), du latin pax. »

Article « Monpazier », in : Tanet, C. ; Hordé, T., Dictionnaire des Noms de Lieux du Périgord, 2000, Périgueux, Editions Fanlac, 450 p.




Plan arcades

LES ARCADES DE MONPAZIER


Alors que Domme fut une bastide française, Monpazier, bastide anglaise, fut fondée en 1284 par Edouard Ier. La cité a conservé ses remparts et la plupart de ses portes d'entrée. Son plan est particulièrement curieux. Trois rues longitudinales, quatre rues transversales découpent la ville à angles droits. Les maisons y sont réparties avec une uniformité cellulaire, suivant les valeurs 10, 10, 6, 12, 10 (voir dessin). D'étroites venelles d'égales dimensions, les endrones, les séparent entre elles. Au centre l'église (E) et la grande place (P) entourées de maisons en surplomb sur la rue, formant des couverts (représentés sur la photo) appelés ici « cornières ». C'est le plus ancien essai d'urbanisme médiéval connu. Monpazier est célèbre à ce titre.

Texte et image in : Périgord, France. Brochure éditée par le Ministère des Travaux publics, des Transports et du Tourisme, 1952.


Monpazier



Lectures

L'HONNEUR, DR. R., Monpazier, Logis, gens et faits d'autrefois, Imprimerie contact, Monpazier, rééd., 90 p.
COSTE, M., 2002, Monpazier, Les clés d'une bastide, Librairie du château, sans lieu, 160 p.
BENNE, P., 2008, Biron, Un château pour découvrir l'Histoire de France, Les éditions du Bord du Lot, Villeneuve-sur-Lot, 2 vol., 597 p.